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Pour un théâtre populaire de création

15 août 2013

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« … Le monde a changé sans que les artistes de l’institution et les pouvoirs publics n’y aient prêté attention et l’on continue de décrire le théâtre avec un lexique fallacieux, parlant de théâtre populaire quand les publics sont dans leur immense majorité le reflet des classes privilégiées, quand les quartiers populaires en sont exclus, quand ni les œuvres, ni les politiques tarifaires, ni les efforts de communication ne parviennent à infléchir la sociologie des spectateurs du théâtre subventionné.

 

Depuis longtemps, les travaux de Pierre Bourdieu ont mis en lumière les mécanismes de reproduction des hiérarchies sociales dans la société française ; la quintessence du phénomène s’exprime par la fracture culturelle qui traverse les salles de spectacle.

 

Il n’est pas acceptable que collectivement nous nous satisfassions de ce théâtre où triomphe une sorte d’entre soi bourgeois mâtiné de déni et, cela, dans les lieux mêmes où nos prédécesseurs avaient rêvé le théâtre populaire. Il n’est pas acceptable que l’adjectif populaire soit accolé à un théâtre à ce point déconnecté des réalités. Il convient de revenir sur les causes qui conditionnent notre complaisance à l’égard de la situation qui laisse perdurer sur les scènes subventionnées, ce théâtre sans passion, incapable de se réformer esthétiquement et politiquement.

 

(…)

 

Ce théâtre populaire du XXIe siècle, accueillant le souffle et l’énergie des périphéries et devenant le lieu où tout le peuple français se représente à lui-même, est à faire. Les collectivités territoriales peuvent se doter de doctrines culturelles ambitieuses. Les territoires attendent leur Vilar et leur Malraux, car trop souvent les artistes qui se soucient sincèrement de ceux qui manquent au théâtre et le hantent sont regardés par l’institution avec commisération, relégués dans le socioculturel, voire identifiés avec une note de mépris comme relevant de «pratiques amateurs», quand bien des fois, entre un art commercial et l’art institutionnel, ils tracent un chemin original, réintégrant au cœur de l’œuvre des enjeux sociaux. Il est temps pour le théâtre public d’aller à la rencontre d’un peuple qui ne serait pas seulement une fiction issue de l’après-guerre, mais ces citoyens de chair et d’os vivant aujourd’hui et dont beaucoup sont dans une grande précarité, meurtris par la crise et le chômage de masse. »

 

visuel: Arlequin et Colombine – Wikipedia Creative Commons – Malene Thyssen, http://commons.wikimedia.org/wiki/User:Malene

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